Tosquelles et l’héritage de la psychiatrie institutionnelle : ce qui survit en 2026

À Saint-Alban-sur-Limagnole, en Lozère, un asile rural est devenu pendant vingt ans le laboratoire le plus étrange de la psychiatrie française. Aux commandes : un Catalan exilé, doublement condamné à mort par Franco et par Staline, qui débarque en janvier 1940 avec deux livres dans sa valise. L’un est de Hermann Simon. L’autre, la thèse de doctorat de Jacques Lacan. Francesc Tosquelles Llauradó, devenu François Tosquelles, allait bouleverser la manière dont la France soigne ses fous. Trente ans après sa mort, ses idées circulent encore. Plus discrètement qu’on ne le croit, mais bien davantage qu’on ne le dit.
L’héritage de Tosquelles ne se mesure pas aux pages de manuels. Il vit dans une trentaine de clubs thérapeutiques fédérés au sein du Truc, dans la clinique de La Borde fondée par Jean Oury, dans les écrits de Frantz Fanon, dans la pédopsychiatrie de Pierre Delion à Lille. Il est aussi remonté à la surface ces trois dernières années à travers une série d’expositions retentissantes, du Reina Sofia de Madrid au Centre Pompidou-Metz. Voici ce qu’il faut comprendre du personnage, de sa doctrine, et de ce qu’il en reste.
Tosquelles, un militant catalan dans l’asile français
Né en 1912 à Reus, en Catalogne, Francesc Tosquelles grandit avec la psychiatrie comme musique de fond. Chaque dimanche, son père l’emmène à l’Institut Pere Mata, l’asile de la ville. À l’adolescence, il s’engage politiquement, apprend le catalan par défi national et parle un castillan volontairement maltraité, « la langue de l’oppresseur » comme il dit. En 1935, il participe à la fondation du Parti ouvrier d’unification marxiste, le POUM, communistes dissidents qui n’auront pas la chance d’être pardonnés ni par Franco ni par Moscou.
À peine diplômé en 1935, il devient psychiatre à l’Institut Pere Mata. Il emmène ses patients se baigner sur les plages de Barcelone, scandale local. Pendant la guerre civile, il sert comme médecin militaire dans les milices antifascistes du POUM, soigne les soldats et les médecins, recrute des « gens normaux » dans son équipe, dont d’anciennes prostituées qu’il juge plus expertes en humanité ordinaire que les infirmiers de carrière. Petit, mal rasé, l’œil noir et la phrase imagée : la légende est déjà en construction.
En février 1939, la Retirada le pousse de l’autre côté des Pyrénées. Le voilà dans le camp de Septfonds, au Tarn-et-Garonne, parqué avec un demi-million d’Espagnols. La France de Daladier les traite en « indésirables ». Tosquelles obtient l’autorisation de monter un hôpital psychiatrique de fortune dans le camp. Une seule infirmière diplômée, le reste recruté parmi les détenus. Il dira plus tard avoir fait là, dans la boue et la faim, « la plus efficace des psychiatries ». Le service sert aussi à organiser des évasions par les réseaux de la Résistance qui se forment dans la région. La méthode est posée : l’institution n’est pas un cadre neutre, elle est l’outil même du soin. Et peut, à l’occasion, ouvrir ses portes.
La psychothérapie institutionnelle : ce que la doctrine dit vraiment
Le 6 janvier 1940, Tosquelles arrive à l’hôpital de Saint-Alban-sur-Limagnole, recruté par le docteur Paul Balvet qui a entendu parler de Septfonds. Sa première action n’a rien de théorique. Les pensionnaires meurent de faim. En 1940-1944, près de 45 000 malades mentaux périront dans les asiles français de ce qu’on a appelé l’extermination douce, un rationnement deux fois plus sévère que celui de la population libre. Tosquelles ouvre les portes de l’asile et envoie les malades aux champs aider les paysans, qui les paient en pommes de terre et en choux. Sauver les corps avant de prétendre soigner les âmes.
À partir de là, une doctrine se construit. Quatre piliers la portent.
Soigner l’hôpital pour pouvoir soigner les patients. La formule vient d’Hermann Simon, ce psychiatre allemand dont Tosquelles a apporté le livre dans ses bagages. Elle veut dire que l’asile est lui-même malade, structuré par la hiérarchie, l’enfermement, les rapports de domination, et qu’aucune thérapie ne peut fonctionner dans un milieu de cette nature. La psychothérapie commence donc par une critique de l’institution qui l’héberge.
Lutter contre l’aliénation sociale, pas seulement contre l’aliénation mentale. Tosquelles parle de double aliénation. Le malade souffre de sa pathologie, oui, mais aussi de tout ce que l’enfermement, la pauvreté, l’humiliation et la dépossession lui imposent. Soigner l’aliénation sociale, c’est rendre au patient des marges de manœuvre concrètes : décider de son emploi du temps, gagner un peu d’argent, sortir, recevoir des visites, écrire.
Distribuer la fonction soignante. Dans la psychothérapie institutionnelle, n’importe qui peut faire un acte thérapeutique : la cuisinière, le jardinier, l’autre patient. Cette répartition oblige à former tout le personnel et à dissoudre la frontière médecin-aidant. Les soignants étudient ensemble Lacan, Freud, Marx, Hegel. À Saint-Alban, des copies ronéotypées de la thèse de Lacan circulent parmi les infirmiers : invraisemblable dans l’asile français de l’époque.
Travailler les transferts. Le concept est psychanalytique mais Tosquelles le déplace : ce qui se joue dans la relation soignant-soigné se rejoue partout, dans les couloirs, à la cantine, au club. Il s’agit de cartographier ces fils invisibles et d’en faire un matériau de soin. La sociothérapie n’est pas l’opposé de la psychanalyse, c’en est une extension dans l’espace collectif.

Le club thérapeutique, l’invention qui dure
De toutes les inventions de Tosquelles, le club thérapeutique est celle qui à le mieux résisté au temps. Le principe est simple sur le papier, vertigineux dans la pratique. Patients et soignants se retrouvent au sein d’une association loi 1901, gérée collectivement, sans hiérarchie de statut. On y vote les budgets, on y organise des sorties, on y édite un journal, on y tient une cafeteria, parfois un atelier de poterie ou de menuiserie.
Le club n’est pas une activité de loisirs déguisée en thérapie. C’est une structure juridique distincte de l’hôpital, qui possède ses comptes, signe des contrats, embauche éventuellement. Le malade qui vote au club n’est pas un patient infantilisé, c’est un membre d’association. Cette distinction de statut, qui paraît mineure, change tout. Elle ouvre une zone de pleine responsabilité dans un contexte d’enfermement.
À Saint-Alban, le club tient un journal, _Trait d’union_, dont Tosquelles a écrit éditoriaux et articles entre 1950 et 1962, plus de 270 pages republiées en 2015 aux Éditions d’une. On y voit comment se règlent au quotidien les questions de propreté, de cuisine, d’argent de poche, de relation aux villageois. Du soin, oui, mais sous la forme prosaïque de la vie ordinaire qui s’organise.
En 2026, une trentaine de ces clubs continuent de fonctionner en France. Ils sont fédérés dans le Truc, « Terrain de rassemblement pour l’utilité des clubs », qui organise rencontres et formations. Ce n’est pas un mouvement spectaculaire. C’est une survie obstinée, dans des secteurs de psychiatrie publique souvent en ruine, à des endroits comme Reims, Saumur, Carcassonne ou Le Vinatier près de Lyon. La géographie de l’héritage est diffuse. Elle suit les médecins-chefs qui y croient encore, et s’éteint là où ils partent.
L’asile et l’art brut : Dubuffet vient à Saint-Alban
L’autre versant du Saint-Alban de Tosquelles, c’est l’art. Pendant la guerre, l’hôpital sert de refuge à des résistants et à des intellectuels en clandestinité. Paul Éluard y séjourne en 1943, et y écrit. Tristan Tzara passe. En 1945, Jean Dubuffet vient sur les conseils du psychiatre Lucien Bonnafé. Il y découvre les sculptures d’Auguste Forestier, un patient interné depuis trente ans, qui taille au couteau dans des chutes de bois des bateaux, des animaux fantastiques, des soldats à plumes.
Dubuffet repart bouleversé. Quelques années plus tard, il fondera la notion d’art brut autour de ces créations dont les Forestier, les Aloïse Corbaz, les Adolf Wölfli sont les figures cardinales. La Compagnie de l’art brut, puis la Collection de l’art brut à Lausanne, doivent une part de leur ADN à Saint-Alban. Sans Tosquelles, qui laissait Forestier sculpter et qui avait commencé à constituer une collection d’œuvres de patients, sans sa décision tranquille de considérer ces objets comme dignes du regard de Dubuffet, l’art brut n’aurait peut-être pas pris la forme qu’on lui connaît.
Cette dimension est restée longtemps secondaire dans la mémoire de Tosquelles. Elle a explosé en pleine lumière à partir de 2021 avec l’exposition _Le déchirement, la guerre, la psychiatrie, la révolution_ aux Abattoirs de Toulouse, puis au Reina Sofia de Madrid en 2022, au CCCB de Barcelone, et au Centre Pompidou-Metz en 2023. Plus de 200 000 visiteurs cumulés. Une redécouverte massive, qui a remis Tosquelles au centre des conversations sur la psychiatrie, l’art et la politique.
Saint-Alban, fabrique de psychiatres : l’héritage par les disciples
Le legs Tosquelles, c’est aussi une généalogie de cliniciens. Trois noms ressortent.
Frantz Fanon arrive à Saint-Alban en 1952 comme interne. Il y reste quinze mois. C’est là qu’il écrit une partie de _Peau noire, masques blancs_, là qu’il transpose ce qu’il observe à la situation coloniale. Quand il prend la direction de l’hôpital de Blida en Algérie en 1953, il applique des principes directement issus de Saint-Alban : ouverture des portes, ergothérapie, club, refus de la contention systématique. Le lien entre psychothérapie institutionnelle et critique anticoloniale s’est noué dans la cuisine de Tosquelles.
Jean Oury passe à Saint-Alban en 1947. Il y reste jusqu’en 1949, repart, fonde en 1953 la clinique de La Borde, dans le Loir-et-Cher. La Borde devient l’incarnation la plus visible de la psychothérapie institutionnelle, avec ses réunions hebdomadaires, sa rotation des tâches, son refus du blanc médical. Félix Guattari y arrive en 1955. Lacan vient en visiteur. La Borde fonctionne toujours en 2026, avec une centaine de patients et un fonctionnement directement hérité de Tosquelles.
Pierre Delion est le dernier grand passeur. Pédopsychiatre, ancien chef du service de pédopsychiatrie au CHRU de Lille, il a publié des dizaines de livres pour transposer la psychothérapie institutionnelle dans le soin aux enfants psychotiques et autistes. C’est lui qui a préfacé en 2009 la réédition du _Travail thérapeutique en psychiatrie_ de Tosquelles. C’est lui qui défend, contre les approches purement comportementalistes, l’idée que l’enfant en grande souffrance psychique a d’abord besoin d’un environnement humain stable, d’une équipe formée, d’une institution pensée. Le mot d’Hermann Simon, repris par Tosquelles, retraduit pour les enfants : soigner l’hôpital de jour pour pouvoir soigner les enfants.
L’héritage Tosquelles aujourd’hui : ce qui résiste
Soyons précis. La psychiatrie publique française de 2026 ne ressemble pas à ce qu’a rêvé Tosquelles. Lits fermés par milliers depuis vingt ans, contention en hausse, formations rabotées, secteurs psychiatriques exsangues, attentes de plusieurs mois en CMP, urgences psy qui débordent. Le rapport de la Cour des comptes 2024 a chiffré la dégradation. Dans ce paysage, l’héritage de la psychothérapie institutionnelle ressemble parfois à une eau qui s’écoule entre les doigts.
Pourtant, des poches résistent. Le réseau du Truc avec sa trentaine de clubs. La clinique de La Borde, toujours. L’hôpital Saint-Alban-sur-Limagnole rebaptisé en 2018 Centre hospitalier François-Tosquelles, où certains principes survivent malgré les contraintes budgétaires. Le secteur 59G21 dans le Nord avec ses unités de psychothérapie institutionnelle. Les services de pédopsychiatrie qui se sont formés à l’école Delion. Quelques cliniques privées comme Saumery, Chailles, La Chesnaie. Un maillage discontinu, qu’on aurait tort de croire mort.
Et puis il y a l’effervescence éditoriale. Les Éditions d’une publient depuis 2014 les _Archives Tosquelles_ sous la direction de son petit-fils Jacques Tosquellas. Camillo Tosquellas, un autre membre de la famille, a édité les _Cours sur la psychothérapie institutionnelle_ donnés à Reus en 1985. Joana Masó a publié _Como una locomotora de niños_ en 2020, repris en français en 2021 chez L’Arachnéen sous le titre _Soigner les institutions_. Les expositions ont relancé l’intérêt, les éditeurs ont suivi. Un fonds Tosquelles existe à la Bibliothèque de Reus et à l’Institut français de Madrid.
Saint-Alban, l’Aude et le sud : géographie d’une influence
L’histoire de Tosquelles est sud-occitane par les bouts. Né en Catalogne du sud, exilé d’abord à Septfonds dans le Tarn-et-Garonne, médecin pendant vingt-deux ans à Saint-Alban en Lozère, mort à Granges-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne. Le triangle qu’il a tracé sur la carte traverse l’Occitanie. Il n’a jamais exercé dans l’Aude, mais ses idées y ont essaimé, comme partout dans le sud où des médecins-chefs ont essayé, dans les années 1970 et 1980, d’appliquer ce qu’ils avaient lu ou entendu. À Carcassonne, à Limoux, à Castelnaudary, des bribes de psychothérapie institutionnelle ont vécu, parfois en sourdine, parfois en frontal, selon les directions et les époques.
Dans les Corbières mêmes, la mémoire est plus indirecte. Le pays a vu passer, comme bien d’autres territoires ruraux, ses propres figures de la psychiatrie alternative dans les années post-1968. Des fermes thérapeutiques, des accueils familiaux, des projets collectifs autour de la souffrance psychique : autant d’expériences qui doivent quelque chose à Saint-Alban sans toujours le savoir. Si vous croisez aujourd’hui dans un hameau de l’Aude une structure d’accueil pour personnes en souffrance psychique fonctionnant en autogestion, il y a de fortes chances qu’un Tosquelles dorme quelque part dans ses fondations.
Ce que Tosquelles n’a pas dit, et qui compte
Il y à deux malentendus à éviter. Le premier consiste à voir en Tosquelles un humaniste candide. Il était matérialiste, marxiste hétérodoxe, méfiant à l’égard de tout discours édifiant. Il parlait de la folie comme d’un travail, pas d’une expérience à célébrer. Il refusait les approches romantiques de la maladie mentale. Le second, c’est de croire que la psychothérapie institutionnelle suffit. Tosquelles n’a jamais opposé la pharmacologie à l’institution. Il prescrivait, il transformait, il combinait. Sa critique portait sur la réduction du soin à la chimie, pas sur la chimie elle-même.
Cette nuance compte parce qu’on vit aujourd’hui une polarisation : d’un côté, l’orthodoxie biomédicale qui ne jure que par l’imagerie cérébrale et les molécules ; de l’autre, certaines tendances plus militantes qui rejettent en bloc psychiatrie et médicaments. Tosquelles, s’il revenait, n’aurait sa place dans aucun des deux camps. C’est peut-être ça, le verdict à retenir : son héritage n’est pas une chapelle, c’est une exigence. Tenir ensemble la rigueur clinique, le souci politique de l’institution et l’attention à ce que dit chaque patient, sans sacrifier aucun des trois. Difficile. Mais quelqu’un l’a fait, à Saint-Alban, pendant vingt ans, dans un asile rural de Lozère. La preuve par l’exemple existe.
Questions fréquentes sur Tosquelles et la psychothérapie institutionnelle
Qui était François Tosquelles et pourquoi est-il important ?
François Tosquelles (1912-1994) est un psychiatre catalan, exilé en France après la guerre civile espagnole. Médecin-chef à l’hôpital de Saint-Alban-sur-Limagnole en Lozère pendant plus de vingt ans, il y a inventé avec quelques autres la psychothérapie institutionnelle, courant qui a transformé en profondeur la psychiatrie française. Son influence dépasse le seul soin : il a aussi favorisé l’émergence de l’art brut et formé des psychiatres comme Frantz Fanon ou Jean Oury.
Qu’est-ce que la psychothérapie institutionnelle ?
C’est un courant psychiatrique né à Saint-Alban dans les années 1940. Son principe central, formulé par Hermann Simon et repris par Tosquelles : il faut soigner l’institution avant de prétendre soigner les patients. Concrètement, cela passe par la dissolution de la hiérarchie médicale rigide, la création de clubs thérapeutiques gérés par les patients eux-mêmes, l’attention aux phénomènes collectifs et la formation continue de tout le personnel.
Où la psychothérapie institutionnelle se pratique-t-elle aujourd’hui ?
À la clinique de La Borde dans le Loir-et-Cher, dans les services de pédopsychiatrie influencés par Pierre Delion (notamment à Lille), au Centre hospitalier François-Tosquelles (ex-Saint-Alban) en Lozère, et dans une trentaine de clubs thérapeutiques répartis en France et fédérés au sein du Truc. Plusieurs cliniques privées comme La Chesnaie ou Saumery s’en réclament aussi.
Quel est le rapport entre Tosquelles et l’art brut ?
C’est à Saint-Alban, sous la direction de Tosquelles, que Jean Dubuffet a découvert en 1945 les sculptures d’Auguste Forestier, patient interné depuis trois décennies. Cette rencontre a contribué de manière décisive à la naissance du concept d’art brut. Tosquelles laissait les patients créer librement et avait commencé à constituer une collection de leurs œuvres. La collection est en partie conservée aujourd’hui à la Mairie de Saint-Alban et a été exposée au Reina Sofia en 2022.
Pourquoi parle-t-on autant de Tosquelles ces dernières années ?
Trois grandes expositions l’ont remis sur le devant de la scène entre 2021 et 2023 : aux Abattoirs de Toulouse, au Reina Sofia de Madrid et au Centre Pompidou-Metz. Les Éditions d’une publient depuis 2014 ses Archives complètes. Plusieurs livres importants sont parus, dont _Soigner les institutions_ de Joana Masó. Cet héritage est aussi devenu pertinent dans le contexte de crise de la psychiatrie publique : Tosquelles propose un modèle alternatif qui parle à beaucoup de soignants d’aujourd’hui.
Quels livres lire pour découvrir Tosquelles ?
Pour commencer, _Le Travail thérapeutique en psychiatrie_ (Érès, 1967, réédition 2009 préfacée par Pierre Delion) reste la porte d’entrée la plus directe. _Soigner les institutions_ de Joana Masó (L’Arachnéen, 2021) offre un parcours complet de sa pensée. Le _Trait d’union, Journal de Saint-Alban_ (Éditions d’une, 2015) donne accès à la pratique quotidienne. Et pour le côté biographique, le portrait que lui consacre Pierre Delion dans _Mon combat pour une psychiatrie humaine_ (Albin Michel, 2016) reste un excellent point d’appui.






