Counozouls, un village des Pyrénées audoises taillé pour la randonnée

Le village de Counozouls dans les Pyrénées audoises au pied des montagnes

Cinquante habitants, 960 mètrès d’altitude, une poignée de fontaines qui coulent toute l’année. Counozouls ne paie pas de mine quand on arrive par la petite route depuis la haute vallée de l’Aude. Et puis on lève les yeux. Le Dourmidou ferme l’horizon au sud, les forêts grimpent à perte de vue, la vallée de l’Aiguette s’enfonce dans une gorge qu’on devine profonde.

Ce coin des Pyrénées audoises reste à l’écart des circuits touristiques classiques. Tant mieux. Pour qui aime marcher, c’est un point de départ qui donne accès à des sommets à plus de 2400 mètrès, à un étang glaciaire posé dans un cirque, et à des sentiers où on croise plus de vaches gasconnes que de randonneurs.

Voici ce qu’il faut savoir avant de poser ses chaussures à Counozouls : où se trouve le village, ce qu’on y visite, et surtout les randonnées qui partent d’ici ou des cols voisins.

Où se trouve Counozouls dans les Pyrénées audoises

Counozouls se niche dans la haute vallée de l’Aude, à l’extrême sud du département (code postal 11140). On est ici à la frontière de trois mondes : l’Aude, l’Ariège du Donezan et les Pyrénées-Orientales. Le village domine la vallée de l’Aiguette, ce torrent qui a creusé des gorges spectaculaires en contrebas.

L’altitude, déjà, annonce la couleur. À 960 mètrès, on a quitté la garrigue des Corbières basses. Ici poussent le hêtre et le sapin, et la neige tient une bonne partie de l’hiver. Le village s’étire au pied de deux sommets qui structurent tout le paysage : le pic du Dourmidou et, plus loin, le massif du Madrès.

Pour y accéder, comptez la route depuis Axat puis la D118, avant de bifurquer vers Sainte-Colombe-sur-Guette et Counozouls. La dernière portion serpente. Pas de quoi s’inquiéter, mais en hiver mieux vaut vérifier l’état de la chaussée avant de partir.

RepèreDonnée
Altitude du village960 m
Populationenviron 50 habitants
DépartementAude (11140)
Valléevallée de l’Aiguette
Sommets dominantspic du Dourmidou, pic de Madrès
Région touristiquePyrénées audoises

Un détail qui parle aux randonneurs : Counozouls se trouve sur le tracé du GRP Tour du Pays du Donezan, ce sentier de grande randonnée de pays qui boucle autour de ce petit territoire ariégeois. Le village sert donc d’étape ou de variante pour qui enchaîne plusieurs jours de marche.

Le grand menhir et les fontaines, ce qui se visite au village

Avant de grimper, prenez vingt minutes pour le village lui-même. Ça se fait à pied, tranquillement.

La curiosité du coin, c’est le grand menhir de Counozouls. Il se dresse à 8,90 mètrès de hauteur, ce qui en fait l’un des plus grands monolithes dressés du sud de la France. On le trouve en contrebas de la route d’accès au village, sur la gauche. Difficile de rater ce bloc de pierre planté là depuis des millénaires. Personne ne sait vraiment comment les hommes du néolithique l’ont mis debout sans engin.

Les fontaines, ensuite. Counozouls en compte plusieurs, qui distribuent une eau de source fraîche toute l’année. Les habitants viennent encore y remplir leurs cruches pour les repas. C’est anecdotique, et pourtant ça dit beaucoup de l’endroit : un village de montagne qui vit à son rythme, où l’eau de la source vaut mieux que celle du robinet.

L’église et son clocher complètent le tableau. Rien de monumental. Juste l’essentiel d’un hameau pyrénéen qui a traversé les sièclés sans se vider complètement, ce qui n’est pas si courant dans cette partie de l’Aude.

Les randonnées au départ de Counozouls, niveau par niveau

Les randonnées au départ de Counozouls, niveau par niveau

On arrive au cœur du sujet. La randonnée autour de Counozouls couvre un large éventail, de la balade familiale de deux heures à la course de sommet qui demande la journée. Les départs se font soit du village, soit des cols voisins comme le col de Jau, à une vingtaine de minutes en voiture.

Voici un aperçu des itinéraires les plus parcourus dans le secteur :

RandonnéeDistanceDénivelé +DuréeNiveau
Sentier des 5 sens (depuis Rocamaura)6,3 km330 m2h10moyen
Col de Jau – Pic Dourmidou6,2 km330 m2h10moyen
Boucle Col de Jau – vallée16,9 km930 m6hdifficile
Col de Jau – Pic del Bernat Salvatge18,3 km1000 m6h30difficile
Étang du Laurenti (Donezan voisin)6,3 km360 m2h30moyen

Pour les marcheurs occasionnels

Le sentier des 5 sens est le bon point d’entrée. Six kilomètrès, un peu plus de deux heures, et un dénivelé qui reste raisonnable. Le parcours traverse des milieux variés, forêt puis clairières, avec des panneaux qui invitent à toucher, écouter, sentir. Idéal avec des enfants qui rechignent à marcher pour marcher.

Pour découvrir d’autres parcours exceptionnels dans la région, consultez notre sélection de randonnées dans les Corbières.

Si vous préférez un objectif clair, la montée au pic du Dourmidou depuis le col de Jau fait l’affaire. Court mais raide par endroits. Et la récompense au sommet vaut l’effort (j’y reviens plus bas).

Pour les randonneurs aguerris

Là, on change de catégorie. La grande boucle depuis le col de Jau dépasse les 16 kilomètrès pour près de 1000 mètrès de dénivelé. Comptez six heures, avec de quoi manger dans le sac et de l’eau en quantité. Le pic del Bernat Salvatge, lui, demande encore plus d’engagement : 18 kilomètrès, une journée pleine.

Ces itinéraires longent des crêtes, traversent des forêts de hêtrès et offrent des vues qui portent jusqu’au Canigou par temps clair. Attention à la météo en altitude : elle tourne vite, même en été. Un orage de fin d’après-midi sur les crêtes, ce n’est pas une expérience à rechercher.

Le pic du Dourmidou, sommet emblème de Counozouls

Le Dourmidou, ou el Dormidor comme l’appellent les Catalans, culmine à 1843 mètrès. C’est le sommet qui ferme la vue depuis le village, celui qu’on regarde tous les matins quand on séjourne ici.

L’ascension classique part de Sainte-Colombe-sur-Guette ou du col de Jau, selon le temps qu’on veut y consacrer. Depuis le col, c’est plus court. Le sentier grimpe à travers les pâturages puis se redresse sur la fin. Rien de technique, mais le souffle est mis à contribution.

En haut, panorama à 360 degrés. On embrasse la haute vallée de l’Aude d’un côté, le Donezan et les sommets ariégeois de l’autre. Le pic de Madrès, point culminant du secteur à 2469 mètrès, se découpe au sud-ouest. Par beau temps, la chaîne s’étale jusqu’aux pics frontaliers. C’est le genre d’endroit où on s’assoit, où on sort le casse-croûte, et où on ne regarde plus l’heure.

Un conseil : partez tôt. Les nuages d’altitude se forment souvent dans l’après-midi, et le sommet se retrouve alors dans la brume. Le matin, la lumière est aussi bien meilleure pour les photos.

L’étang du Laurenti et le Donezan, l’escapade voisine

Counozouls touche presque le Donezan, ce petit pays ariégeois posé entre l’Aude et l’Ariège. Et le Donezan, c’est l’étang du Laurenti.

Ce lac glaciaire repose à 1936 mètrès d’altitude, sur la commune d’Artigues, dans un cirque taillé au pied du Roc Blanc (2542 mètrès). L’eau y est d’un vert profond, bordée de sapins et de pins à crochets. La randonnée pour y monter reste accessible à un marcheur moyen : un peu plus de six kilomètrès, environ 360 mètrès de dénivelé, deux heures et demie aller-retour avec les pauses.

Le sentier part de la forêt domaniale et grimpe régulièrement le long d’un ruisseau. Au bout, l’étang surgit d’un coup quand on franchit le dernier ressaut. Effet garanti. En juillet, les myrtilles bordent le chemin sur la fin… de quoi ralentir sérieusement la cadence.

Pour qui veut pousser plus loin, le secteur de Quérigut et ses étangs d’altitude prolongent la balade. Le Donezan reste l’un des coins les plus sauvages des Pyrénées orientales, avec ses forêts immenses et sa poignée de villages perchés.

Quand venir randonner à Counozouls

La saison de marche s’étale grosso modo de mai à octobre pour les sentiers d’altitude. Hors de cette fenêtre, la neige bloque les accès aux sommets.

Le printemps offre les torrents en pleine eau et les prairies fleuries, mais les sentiers du Laurenti peuvent encore porter des névés en juin. L’été reste la période la plus sûre, avec une réserve : la chaleur dans les fonds de vallée et les orages d’après-midi sur les crêtes. Septembre, à mon sens, c’est le meilleur moment. Lumière dorée, foules parties, températures idéales, et les myrtilles déjà mûres.

L’hiver transforme le secteur. Le village reste vivant, et les hauteurs se prêtent à la raquette quand l’enneigement le permet. Mais ce n’est plus la même randonnée. Il faut le matériel et l’habitude de la montagne sous la neige.

Manger et dormir autour de Counozouls

Le village ne déborde pas de commerces, autant le dire franchement. Pour les courses sérieuses, Axat ou Quillan restent les points de ravitaillement. Sur place, l’eau des fontaines ne coûte rien et désaltère mieux que n’importe quelle bouteille.

Côté produits du terroir, la ferme du Cochon du Madres, à Escouloubre (une quinzaine de kilomètrès), élève des porcs fermiers en plein air et des vaches gasconnes. C’est l’adresse pour rapporter un saucisson ou un pâté qui sentent vraiment la montagne, et pas l’usine.

Pour dormir, les hébergements se concentrent dans les villages alentour de la haute vallée de l’Aude et du Donezan : gîtes, chambres d’hôtes, quelques campings près des rivières. Réservez à l’avance en juillet et août. Les capacités sont limitées, et le bouche-à-oreille fonctionne bien dans ce secteur encore confidentiel.

Foire aux questions sur Counozouls et ses randonnées

Counozouls est-il un bon point de départ pour randonner dans les Pyrénées audoises ?

Oui, sans hésiter. Le village donne accès à des itinéraires de tous niveaux, du sentier familial des 5 sens aux ascensions de sommets comme le Dourmidou ou les boucles du col de Jau. Sa position sur le GRP Tour du Pays du Donezan en fait aussi une étape pratique pour les randonnées de plusieurs jours.

Quelle randonnée facile faire au départ de Counozouls ?

Le sentier des 5 sens reste l’option la plus accessible : 6 kilomètrès, environ 330 mètrès de dénivelé, deux heures de marche. Il convient aux familles et aux marcheurs occasionnels. L’étang du Laurenti, dans le Donezan voisin, est un autre objectif abordable pour un niveau moyen.

Quelle est l’altitude du pic du Dourmidou près de Counozouls ?

Le pic du Dourmidou culmine à 1843 mètrès. C’est le sommet qui domine Counozouls au sud. L’ascension se fait depuis le col de Jau ou Sainte-Colombe-sur-Guette, et le panorama du sommet porte jusqu’au pic de Madrès et au Donezan.

Faut-il une voiture pour rejoindre les randonnées autour de Counozouls ?

Dans les faits, oui. Certains sentiers partent directement du village, mais les plus beaux itinéraires démarrent du col de Jau ou de points d’accès à une vingtaine de minutes de route. Les transports en commun ne desservent quasiment pas ce secteur de la haute vallée de l’Aude.

Peut-on visiter Counozouls en dehors de la saison de randonnée ?

Le village se visite toute l’année. Le grand menhir de 8,90 mètrès et les fontaines restent accessibles même en hiver. Les sentiers d’altitude, eux, demandent de la neige fondue ou du matériel adapté entre novembre et avril.

Mon avis après être passé par là

Counozouls n’est pas une carte postale léchée. C’est mieux que ça. Un vrai village de montagne, avec ses fontaines, son menhir improbable et ses sentiers qui montent droit vers des sommets à plus de 2000 mètrès. Le genre d’endroit où on vient marcher sans croiser grand monde, et où on repart avec l’envie de revenir.

Le point fort, c’est cette concentration de paysages dans un rayon réduit : gorges, forêts, étang glaciaire, crêtes. Le bémol, c’est le côté isolé. Sans voiture et sans un minimum d’autonomie, on rate l’essentiel. Mais pour qui aime la montagne discrète et les Pyrénées audoises hors des sentiers battus, ça vaut vraiment le détour.

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