Qui était le dernier bourreau de France et pourquoi sa fonction a-t-elle disparu ?
La fonction d’exécuteur des hautes œuvres, souvent associée à la guillotine, a marqué l’histoire de France. Marcel Chevalier, le dernier bourreau de France, incarne la fin d’une époque. Plongeons dans l’histoire de cette profession singulière, des dynasties de bourreaux aux derniers jours de la guillotine.
La guillotine : un instrument de justice controversé
La guillotine, inventée par le docteur Joseph-Ignace Guillotin, a été utilisée pour la première fois en 1792. Elle a rapidement remplacé les méthodes d’exécution plus barbares, comme la roue ou le bûcher. La guillotine est devenue le symbole de la Révolution française et a été utilisée jusqu’en 1981, date de l’abolition de la peine de mort en France.
La guillotine a été utilisée pour exécuter des milliers de personnes, dont des figures historiques comme Louis XVI et Marie-Antoinette. Elle a également été utilisée pendant les périodes de répression politique, comme sous le régime de Napoléon Bonaparte. La guillotine a été utilisée pour la dernière fois en 1977, lors de l’exécution de Hamida Djandoubi, un Tunisien condamné pour torture et meurtre.

Les dynasties de bourreaux : Sanson, Deibler, Obrecht, Chevalier
La fonction d’exécuteur des hautes œuvres a souvent été héréditaire, avec des dynasties de bourreaux se succédant sur plusieurs générations. La plus célèbre de ces dynasties est celle des Sanson, qui a exercé cette fonction pendant plus de deux siècles. Charles-Henri Sanson, le plus célèbre des Sanson, a exécuté Louis XVI en 1793.
Après les Sanson, la famille Deibler a pris le relais. Anatole Deibler, surnommé « Monsieur de Paris », a été le bourreau officiel de la capitale pendant près de 40 ans, de 1899 à 1939. Il a exécuté plus de 300 personnes, dont le célèbre criminel Eugène Weidmann.
André Obrecht, neveu d’Anatole Deibler, a succédé à son oncle en 1939. Il a exercé la fonction de bourreau jusqu’en 1951, date à laquelle il a été remplacé par Marcel Chevalier. Obrecht a exécuté 23 personnes, dont le criminel de guerre Klaus Barbie.
Marcel Chevalier, le dernier bourreau de France, a exercé cette fonction de 1951 à 1981. Il a exécuté 17 personnes, dont Hamida Djandoubi, la dernière personne exécutée en France. Chevalier a été le dernier représentant d’une profession qui a marqué l’histoire de France.
L’abolition de la peine de mort en 1981
L’abolition de la peine de mort en France a été un tournant majeur dans l’histoire de la justice française. Proposée par le président François Mitterrand, la loi a été adoptée par l’Assemblée nationale le 18 septembre 1981. Cette loi a mis fin à une pratique qui remontait à l’Ancien Régime et a marqué la fin d’une époque.
L’abolition de la peine de mort a été saluée par de nombreux pays et organisations internationales. Elle a été perçue comme un signe de progrès et de modernité. La France est devenue le 35e pays à abolir la peine de mort, rejoignant ainsi d’autres pays européens comme l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni.
L’abolition de la peine de mort a également marqué la fin de la fonction d’exécuteur des hautes œuvres. Marcel Chevalier, le dernier bourreau de France, a vu sa profession disparaître avec l’adoption de cette loi. Il est décédé en 2011, à l’âge de 87 ans.

La mémoire du dernier bourreau de France
Marcel Chevalier, le dernier bourreau de France, reste une figure fascinante de l’histoire française. Sa vie et sa carrière ont été marquées par des événements historiques majeurs, comme l’abolition de la peine de mort. Chevalier a été le dernier représentant d’une profession qui a marqué l’histoire de France.
La mémoire de Marcel Chevalier est aujourd’hui préservée dans divers musées et collections. Le Musée de la Révolution française, situé à Vizille, possède une collection d’objets liés à la guillotine et à l’exécution de Louis XVI. Le Musée de la Préfecture de police de Paris possède également une collection d’objets liés à la fonction d’exécuteur des hautes œuvres.
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